Bonne année 2016 !

Bona annada 2016 !

Bona annada, urosa e granada per vosautres, los vòstres e la nòstra lenga
Baste que l’an novèl
valga mai que non pas lo vièlh….

2015 fut, il faut bien le dire, une année catastrophique, un annus horribilis, au niveau national, international et pour l'occitan.

Pourtant, pour notre langue, ce n'était pas les attentes qui manquaient. Pour n'en citer que trois, nous attendions la ratification pourtant promise de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, une véritable loi et enfin des moyens pour la mise en œuvre des articles en faveur des langues régionales gagnés dans la loi de refondation de l'école. Rien ne s'est produit, et même, il a fallu qu'un élu entame une grève de la faim pour que l’État s'engage dans l'Office public de la langue occitane, pourtant voulu par les Régions.

Heureusement, sur le terrain, de bonnes initiatives ont été prises : pour sa part, le Congrès a pu enrichir son site, proposer plus d'outils. Les consultations de son site ont encore augmenté. Son utilité, sa légitimité et sa crédibilité comme organisme de régulation reconnu ont été confortées.

Lo Congrès a également essayé de fédérer ce qui d'un autre côté se dispersait et s'opposait. Parce qu'il faut bien le dire, le mouvement occitan n'a pas réussi à s'entendre pour mener des actions et des démarches communes. Les divergences ont consommé trop d'énergie, fait échouer certaines initiatives, ont rebuté et rendu amer plus d'un... L'efficacité pour la langue en a malheureusement pâti. Il ne faut pas oublier les objectifs essentiels, le dénominateur commun. Pour penser la nouvelle année, il ne faut pas oublier la précédente !

Maintenant, la nouvelle année commence avec la réforme des collèges mais également des nouvelles régions et de l'interrégionalité avec l'Office public de la langue occitane. Et la campagne pour l'élection est désormais bien lancée. C'est dans ce contexte que l'occitanisme doit penser son action et trouver dès à présent des espaces, des modalités de rassemblement et de débat pour définir ensemble des stratégies et des démarches communes fédérant largement et permettant une action plus efficace vers les institutions.

Pour le Congrès, 2016 sera une année de transition. Nous allons continuer à améliorer le site et à l'alimenter de nouvelles ressources en donnant plus de place, avec le travail des conseillers linguistiques, aux outils de régulation de la langue (augmentation du dicod'Òc avec de nouveaux dictionnaires et fonctionnalités, conjugateur gascon, vocabulaires spécialisés, module « Punt de lenga », etc.).

Le développement de la feuille de route pour le numérique occitan, si nous en avons les moyens, devrait également aboutir à de nouvelles productions : traducteur automatique, correcteur orthographique ou encore synthèse vocale.

Pour terminer, je tiens à remercier tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, participent aux travaux du Congrès et à bien rappeler que le Congrès reste ouvert à tous ceux qui veulent l'aider !

Baste que l'an novèl
Nos faga a totes camin mai bèl !

Gilbert Mercadier
Président du Congrès permanent de la langue occitane