Vœux du Président du Congrès pour 2018

Bona annada 2018 !

Chers administrateurs, chers conseillers
Chers usagers du Congrès
Chers amis de notre langue

Vous souhaiter une bonne année, c'est une bonne occasion pour faire le bilan de l’année qui s’est écoulée et d’espérer que celle à venir soit encore meilleure.

Quand je repense ce que nous souhaitions pour Lo Congrès en début d’année pour 2017, nous pouvons dire que plusieurs de nos vœux ont été exhausés et que nous avons avancé, ouvert une route meilleure pour 2018.

Par exemple, c'est ainsi que :

  • nous avons pu recruter un chargé de mission linguistique et mettre en place l'augmentation, pour 2018, du Basic français-occitan à l'ensemble de la langue pour en valoriser l'unité et en respecter la diversité. Le Basic sera l'outil lexical et orthographique de référence ;
  • la base lexicale dicod'Òc s'est agrandie et nous aurons bienôt, enfin, de l'occitan limousin en ligne ;
  • le Dictionnaire général occitan, en occitan, est en route ;
  • le dossier POCTEFA, avorté en 2016, a réussi en 2017, ce qui va permettre avec des crédits de l'Europe de bien faire avancer la feuille de route pour le numérique occitan ;
  • deux nouvelles collectivités territoriales ont décidé de soutenir Lo Congrès.

Je tiens à remercier ici tous ceux qui ont permis ces avancées, directeur et employés du Congrès, conseillers, associations membres, Office public de la langue occitane, collectivités territoriales, DGLFLF, bénévoles… Nous allons pouvoir bien travailler cette année !

Par contre, lorsque nous regardons ce que nous disions l'an dernier de 2016 et ce que nous espérions pour 2017 pour l'occitan en général, il faut bien reconnaître que la situation de notre langue ne s'est pas améliorée, pour ne pas dire plus… La rupture de l'égalité républicaine que nous dénoncions l'an dernier n'a pas diminué. Un seul exemple entre de si nombreux autres : l'Office public de la langue basque touche 800 000 euros de l’État, l'Office public de la langue occitane 65 000 !

Le mandat présidentiel qui avait commencé en 2012 en laissant quelques espoirs s'est terminé sans ratification de la Charte européenne, sans loi, sans commencement de mise en œuvre du rapport du comité consultatif… Les promesses, dans ce domaine comme dans d'autres, n'ont pas été tenues.

Il faut mentionner cependant quelques avancées. Dans l'Éducation Nationale, grâce à la pression, trois mesures sur le papier - mais sans nouveaux moyens - ont été prises :

  • la création de l'agrégation de langue régionale malgré l'opposition de l'Académie française… Cela met fin à une des discriminations dont souffrent les professeurs d'occitan, mais avec un seul poste mis au concours pour 50 candidats, cette mesure, si symbolique soit-elle, tourne au mépris ;
  • la signature à Toulouse par la ministre de l'Éducation Nationale d'une convention générale avec deux Régions et l'OPLO, mais sans moyens significatifs et des rectorats qui ne se pressent pas pour la décliner et l'appliquer dans leur fief ;
  • une circulaire octroyée avant la sortie par le ministère de l'Éducation Nationale pour actualiser celle de 2001, mais qui est moins volontariste et qui a failli être pire. La pression efficace d'associations et d'élus a amené le ministère à relever le niveau très bas des premières propositions…

Pour la campagne présidentielle et pour les législatives Lo Congrès a animé, avec les grandes associations de valorisation et de transmission de la langue et de la culture occitanes, une campagne pour informer les candidats sur l'intérêt, la situation et les besoins de l'occitan et pour avoir leur opinion.

Le mouvement et le candidat qui ont gagné les élections présidentielles ont pris des engagements importants. Vous pouvez les voir en ligne sur le site de 2017oc.

Nous avons tous ensemble à présent la responsabilité de faire pression pour que ces mesures annoncées soient mises en œuvre. Il faut espérer que l'ensemble des partenaires et les élus comprendront les enjeux et apporteront leur pierre à l'édifice. Ces engagements sont des arguments, un levier pour les négociacions qu'il y a à mener. Nous avons manqué le quinquennat 2012-201, ne manquons pas le nouveau !

Comme pour la campagne 2017oc, Lo Congrès, même si ce n'est pas sa mission première, fera pression pour que cette mobilisation réussisse. L'Assemblée générale du Congrès est unanime pour dire qu’on a beau produire du matériel linguistique, il reste indispensable, pour que ce travail garde du sens, que notre langue trouve une meilleure place à tous les niveaux. Nous savons que pour que vive une langue seconde et minoritaire comme la nôtre, il faut une législation et une politique volontariste, des moyens humains, matériels et financiers – la fe sens moneda mòrta es - et une bonne adhésion de la population et de ses représentants. Tout un programme !

Baste que l'an novèl
Valga mai que non pas lo vièlh

Gilabèrt Mercadier, président du Congrès permanent de la langue occitane