Montpelhierencas de Philippe Gardy

Montpelhierencas

À chacun sa ville… à chacun ses paysages. Dans la profusion des arbres et des pierres, comme perdus au milieu des foules qui empruntent chaque jour les rues où chacun de nous passons aussi, pour de bonnes raisons ou sans raison, nous sommes seuls. Les itinéraires que nous nous fabriquons sont la rencontre de volontés obscures et d’abandons qui nous fuient.

Écrire à propos de ces instants où la ville se révèle à nous dans ce qui serait sa vérité, à tout le moins une facette de cette vérité du moment, c’est déjà sortir de la ville, du paysage, et se perdre dans les couleurs du souvenir et de ses reconstructions sans fin.

Les quelques images de Montpellier réunies dans ce petit livre, à l’exception de deux ou trois, ont pourtant été conçues comme des instantanés, des clichés saisis au vif de la vie. De là, sans doute, leur allure désordonnée, l’absence de rythme et d’architecture qui les caractérise. Comment appréhender la surface et l’intérieur des choses dans le peu de temps que l’on a cherché à immobiliser, alors même qu’elles nous échappent déjà ? Les mots sont toujours en retard, les mots surgissent alors même que le motif de leur présence a disparu. Orphelins. Morts pour ainsi dire.

Vous pouvez trouver ce livre de poésie de Philippe Gardy chez l'Aucèu Libre.