Le 18 mai 2026, un collectif de députés de tous horizons politiques a adressé au Ministre de l’Éducation nationale une lettre commune exprimant leur préoccupation quant à la faiblesse des moyens alloués à l’enseignement immersif en langues régionales.
Dans ce courrier, les signataires réaffirment leur soutien indéfectible à la promotion des langues de France, rappelant qu’« elles sont une richesse pour la France » et qu’elles ne peuvent demeurer vivantes que si elles sont transmises aux nouvelles générations.
Le cœur de l’alerte porte sur la décision du ministère d’attribuer seulement 6,38 postes en Dotation Générale Horaire au réseau Eskolim, qui fédère les écoles immersives associatives en langue occitane, alsacienne, basque, bretonne, catalane, corse.
Les parlementaires soulignent que cette dotation est « insuffisante au regard des besoins et des demandes transmises », alors même que les réseaux concernés respectent les seuils réglementaires de dédoublement fixés par le ministère.
Ils dénoncent une situation où l’équité entre les élèves n’est plus garantie, au seul motif qu’ils sont scolarisés dans des établissements immersifs associatifs.
Les députés rappellent également que 25 langues régionales de France sont considérées comme vulnérables ou gravement menacées selon l’UNESCO et invoquent l’article 75‑1 de la Constitution, qui reconnaît les langues régionales comme faisant partie du patrimoine de la France, et impose à l’État de les protéger.
Dans la lettre, les parlementaires affirment clairement que « Le gouvernement doit les protéger et leur accorder des moyens et sollicitent la réévaluation immédiate de la dotation accordée à Eskolim - afin de garantir une rentrée sereine et conforme aux taux d’encadrement en vigueur et une clarification de la stratégie gouvernementale pour « redonner aux langues dites régionales toute la place qu’elles méritent » et lever les « verrous administratifs » qui freinent encore leur développement.
La lettre est signée par plus de cinquante députés, issus de régions et de sensibilités diverses dont pour le territoire occitanophone : Christine Arrighi (Haute-Garonne), Colette Capdevielle (Pyrénées-Atlantiques), Hendrik Davi (Bouches-du-Rhône); Iñaki Echaniz (Pyrénées-Atlantiques); Denis Fegne (Hautes-Pyrénées), Martine Froger (Ariège), Laurent Lhardit (Bouches-du-Rhône); Jacques Oberti (Haute-Garonne), Sébastien Peytavie (Dordogne), Marie Pochon (Drôme), Valérie Rossi (Hautes-Alpes), Jean-Louis Roumégas (Hérault), Hervé Saulignac (Ardèche), Sébastien Saint-Pasteur (Gironde), David Taupiac (Gers).
Cette pluralité témoigne d’un consensus national croissant autour de la nécessité de soutenir les langues régionales et de considérer qu’elles sont un enjeu national, culturel, éducatif et démocratique.